Son travail affirme également une position claire face à l’image générée artificiellement. À l’ère du pixel calculé par algorithme, l’atelier devient un espace de résistance physique : aucun univers n’est issu d’une invite de commande, chaque millimètre carré naît d’une photographie originale, d’un volume, d’un découpage ou d’un collage. L’illusion n’est pas virtuelle, elle est bâtie et palpable. Cette exigence traverse depuis 2021 son projet de fond Mauvaizélève, qui prend la forme d’une dystopie intime autour de la friction entre l’individu indiscipliné et l’institution, qu’elle soit scolaire, étatique ou sociale.
Pour donner corps à ce récit, l’artiste fabrique lui-même des décors à taille réelle en carton recyclé, réalise des accessoires et produit de faux documents d’archive, comme des journaux de propagande du Parti du Piquet ou des chartes réglementaires. La photographie intervient alors comme l’acte final qui vient sceller la mise en scène et lui conférer la valeur d’une trace, d’un indice ou d’une preuve historique. Cette confrontation avec le collectif et avec les mécanismes de surveillance s’élargit avec Les Zotres, en 2025, où AbuzOne interroge l’altérité et la perception communautaire. En 2026, avec Entre 4 murs, il opère un dézoom architectural et conceptuel : le personnage du Mauvaizélève quitte l’échelle humaine pour être enfermé dans des maquettes au 1:100 représentant l’Institut, photographiées en focus stacking, afin de prolonger une pratique qui articule artisanat brut, construction minutieuse et refus de l’intelligence artificielle.